
On peut être amoureux du silence parce qu’on connaît, qu’on a éprouvé la dimension très intense du silence, la très grande beauté du silence intérieur et extérieur, l’équilibre et la force qu’il apporte.
Mais nous sommes dans une civilisation de bruit, bruits de fond, bruits mécaniques, bruits de moteur… Leurs excès engendrent une souffrance, bien souvent noyée dans de l’indifférence.
Car aujourd’hui le silence peut faire peur à certains contemporains : peur du vide car le bruit remplit, peur de la solitude car il semble accompagner, animer la vie…
Le bruit peut même être recherché pour se fuir, ne pas penser, peut-être pour ne pas entendre la petite voix qui demande de ralentir son mode de vie, de s’écouter pour savoir que l’on existe indépendamment des sollicitations extérieures et que l’on a de belles choses à se dire…
Voici une image-questionnement qui paraîtra sans doute très, très étrange ; pourtant : si on sait que l’humain souffre du bruit, si on sait que les oiseaux s’éloignent quand il y a du bruit (car ils ne peuvent plus s’entendre donc communiquer entre eux), on peut se demander si on ne fait pas souffrir aussi le son et le silence (si on les voit comme des êtres vivants) en accumulant des bruits disharmonieux ?… Oups !
Alors nous savons que le mouvement s’accompagne presque toujours de son (harmonieux avec une fréquence définie), ou de bruit (son disharmonieux, blessant pour l’oreille, le système nerveux, etc.).
Donc, pour redécouvrir le silence, il vaut mieux s’immobiliser dans un lieu calme.
Pourtant, nous pouvons aussi nous apercevoir qu’il nous arrive de déclencher un geste silencieux, tout simplement, ou en nous concentrant : par exemple faire une jolie courbe avec le bras et la main…
Dans ce cas, chaque son qui apparaîtra ensuite aura une très grande valeur.
Défi-jeu pour saluer le silence :
Petite précision : selon notre nature, nous sommes plus ou moins réceptif (écouter est facile) ou émissif (se faire entendre est facile). Dans ce jeu, nous allons rechercher l’aspect réceptif, puis retourner vers l’aspect émissif, les défis ne sont pas les mêmes, selon notre nature.
Si on se dit : « Ah non, ça, ça n’est pas pour moi ! », on peut s’y mettre par petites « doses » un jour et puis un autre, et puis un autre …
On y va ?
En se posant dans un endroit où on est bien, on peut commencer par observer la respiration silencieuse par le nez, il se peut qu’on entende tout à coup les battements du cœur, ou pas… Puis on peut décider d’écouter le mouvement de la respiration à l’intérieur du corps, cela fait appel à un autre mode de perception très agréable.
Apparemment il ne se passe rien, aucune sollicitation extérieure et pourtant l’expérience du vide est heureuse car on ressent que le vide est vivant et qu’une force intérieure se réveille lorsqu’on est présent en soi.
Il n’y a pas de son, pourtant on peut avoir l’impression « d’entendre le silence », de percevoir la vie qui pulse, on peut ressentir qu’on aime cette immobilité et qu’on est bien vivant, différemment, peut-être plus.
Ceci peut emmener vers un état méditatif, ou être prélude à la méditation.
Puis lorsqu’on le décide, on se prépare à retourner vers le mouvement, vers le son : « quel est le premier geste que je veux faire, sans doute au ralenti et silencieux ? Quel est le premier son que je veux émettre ? ». Ce questionnement est important pour rester conscient.
Mais on ressentira sans doute qu’il y a un décalage entre les états réceptif et émissif (muscles à remettre en mouvement). Et peut-être allez-vous constater que ce n’est pas si facile de redevenir émissif, surtout en ce qui concerne la voix, car les muscles ont besoin qu’on leur donne des consignes précises et de prendre le temps de se remettre harmonieusement en mouvement.
Donc pour ne pas brusquer les cordes vocales, on peut d’abord dynamiser le corps en se levant, en dansant doucement avec des gestes choisi, et chanter quelques sons dans sa tête, puis un peu plus tard bouche fermée…
Le silence ! Essence de l’intense présence,
Immobilité vivante, aimante, bienveillante…
Il vibre de la vie qui vivifie l’ami,
Il sonne, résonne, la bonne paix nous donne.
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